
La question fondamentale qui se pose alors, est de savoir comment forger la cohésion sociale dans une société en grande mouvance comme la nôtre, et s’en servir comme base au développement individuel et collectif, signe d’une société capable de progrès humains. Où en sommes-nous aujourd’hui en Guyane, par rapport à cette grande idée de solidarité ?
L’objectif de cohésion sociale mobilise à tous les niveaux les responsables des politiques publiques et devient un indicateur de qualité des mesures sociales en faveur des citoyens pour leur accès équitable au droit et aux ressources, aux bonnes conditions de l’environnement, des relations avec les institutions, des interactions personnelles et collectives, des espaces d’épanouissement, de solidarité... La Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale à la mission de porter sa contribution au pilotage des politiques publique en faveur du renforcement du lien social, qui doit constituer le fondement de l’engagement solidaire. Il doit assurer qu’à terme, chacun doit pouvoir se sentir partie prenante d’un destin commun. La question fondamentale qui se pose alors, est de savoir comment forger la cohésion sociale dans une société en grande mouvance comme la nôtre, et s’en servir comme base au développement individuel et collectif, signe d’une société capable de progrès humains. Où en sommes-nous aujourd’hui en Guyane, par rapport à cette grande idée de solidarité ? Il me semble qu’elle doit profondément renouveler notre conception du partage. Un partage n’est juste que s’il répare les clivages sociaux. Ceux de la société guyanaise ne se limitent quasiment plus aux seuls clivages traditionnels dus à la production des richesses. D’autres clivages occupent le haut de l’affiche : le fait d’être français ou immigré, un homme ou une femme , un jeune ou un vieux, un chômeur ou un salarié, une personne valide ou handicapée etc. Il existe une multiplicité de différenciations sociales qui caractérisent notre société moderne et d’une certaine façon, chacune requiert une forme de solidarité adaptée. Comment trouver les formes de solidarité qui puissent transcender ces clivages ? Les processus d’exclusion qu’il s’agisse de personnes ou de territoires, sont étroitement liés aux contextes sociaux, économiques et urbains où ils se produisent et force est de constater que la situation particulière de la Guyane, génère des formes d’exclusion contre lesquelles il faut agir. Comment permettre aux individus qui se trouvent dans des situations de désarroi de faire des projets et d’affronter ces situations nouvelles ? C’est un programme considérable que d’essayer de le concevoir dans le respect des différences individuelles. La construction de l’intérêt collectif autour d’un projet, suit le chemin de la concertation et même si le débat public n’est pas le lieu de la décision, il permet la recherche de quelques vérités influentes de régulation, de prévention, de protection et d’anticipation.
La Guyane se singularise dans l’ensemble national par des caractéristiques qu’il faut prendre en compte :
En construction permanente, la société guyanaise réfléchit très peu un sentiment d’unité et ne s’organise souvent en communautés. Ce qui peut fonder l’idée de cohésion sociale en Guyane est certainement à puiser aux racines des traditions dans nos archétypes culturels, nous avons en commun avec les nombreuses cultures présentes sur le sol guyanais un patrimoine immatériel généreux : celui de la culture de l’entraide. Je pense au mayouri guyanais, le Koumbit haïtien, ou le koudmen antillais et aussi aux activités collectives des communautés amérindiennes et bushe nengue dont le fonctionnement solidaire a permis de compenser l’insuffisance matérielle et financière des familles et qui résistent encore à la pression des changements sociétaux. Aujourd’hui encore, c’est cet élan qui contribue pleinement à adoucir la qualité de vie de nombreuses personnes en situation de vulnérabilité.
Dans notre contexte de crise, je reste persuadée que la cohésion sociale demeure notre bien immatériel commun, forgé de tous les espoirs du mieux vivre et du progrès social. Comment s’étonner de la présence durable souvent, de bénévoles issus de toutes cultures et pays d’origines qui travaillent pour améliorer les conditions de vie des plus personnes les fragiles. Le bénévolat et le volontariat est en Guyane un véritable ferment de cohésion sociale. A partir de ce principe que la Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale mobilise l’ensemble de ses pôles en transversalité à partir de l’objectif commun d’une cohésion sociale à renforcer ou à construire, en soutenant par ses conseils, son expertise, par la formation et les aides financières, les projets destinés aux personnes les plus vulnérables et sur l’ensemble du territoire. Dans ce cadre, la force d’initiatives des jeunes sera davantage valorisée et notamment par le sport, domaine d’activités porté par un grand nombre de bénévoles et dont le rayonnement au haut niveau a valu à la Guyane le choix d’être la base avancée pour le mondial de 2014 et les jeux olympiques de 2016.
Solidarité, générosité, bon cœur et bonne volonté peuvent gracieusement et en abondance, s’offrir en tant que ressources régénératrices et durables les unes avec les autres.
Quelques chiffres clés :